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Nous avons le plaisir de vous présenter une sélection de masques en provenance d'Afrique de l'Ouest, destinés à la vente en ligne.

Cette collection a été constituée durant plusieurs années auprès d'artistes, de sculpteurs, d'antiquaires ou de commerçants. Chaque pièce est soigneusement sélectionnée selon ses critères d’authenticité et d’esthétisme.

Le Mali y est fortement représenté, avec notamment les Bambaras, les Dogons, les Bozos, les Sénoufos, les Malinkés.... mais aussi le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la République Démocratique du Congo (ex Zaire), le Bénin et la Guinée.

Masque facial, masque heaume ou casque, cimier. Masque zoomorphe ou anthropomorphe. Masques animaliers, masques voltaïques, masque sacré, masque autel, masques polychromes...

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Masque africain / Masques africains

Dans les sociétés tribales, les masques ont de nombreux aspects de la vie et dans la mesure où les sociétés sont encore viables, ils le demeurent. Avec la diversité de leurs utilisations, ils sont un paradigme de la variété et de l'importance de la sculpture tribale.
Leur utilisation première figurent parmi les outils les plus puissants utilisés par un peuple pour assurer la santé de sa communauté. Certains thèmes à la fois sociaux et religieux, avec toutes les ramifications de ces deux institutions émaillent les traditions de masques de ces sociétés et peuvent rarement être dissociés car ils se chevauchent et s'entrelacent. Les masques sont des présences vivantes qui représentent, en s'interposant, le monde empirique et le monde surnaturel dans les moments où le pouvoir, la protection, les crises de la vie et de la mort, sont en équilibre instable.
De nombreux types de masques ont pour fonction d'assurer le contrôle social, le maintien et la réglementation des conventions sociales. Le masque peut ainsi être le véhicule du pouvoir des souverains, ce qui le rend trop dangereux pour être porté. Il peut symboliser la permanence des lignées, ou encore être orné des emblèmes totémiques des lignées.
D'autres masques ont la tâche plus commune, mais toujours d'origine surnaturelle, de faire observer les lois interdisant la dilapidation des ressources naturelles ou les règles coutumières de la société, ou de célébrer l'existence des tabous. La force des animaux, indirectement emblématique du pouvoir en général, peut être un autre aspect du pouvoir : les buffles, les éléphants, les serpents...
La religion apporte l'équilibre qui doit être maintenu entre la société et les forces du monde surnaturel qui peuvent être maléfiques et doivent alors être écartées. Les masques peuvent les représenter explicitement, ils peuvent être une présence rassurante et protectrice. Mais dans l'ensemble, il existe autant d'esprits bienveillants.
Les carrefours de la vie sont marqués par des rites d'initiation qui marquent l'entrée des jeunes gens dans la maturité. Les masques apparaissent lors des initiations, parfois sous forme d'esprits des morts. Ils apparaissent également au moment de la mort ou dans les rites funéraires....
En Afrique, la danse est le principal moyen d'expression du masque. Les danseurs africains sont célèbrent pour leur activité, souvent violente, dans laquelle ils font montre d'une grande vitruosité, en dansant sur des échasses ou en marchant sur une corde tendue.
Les masques africains ne sont utilisés que pour des cérémonies rituelles. Parfois, les mêmes masques peuvent être utilisés pour des rituels et pour des amusements. Ils sont liés à tous événements de la vie tels que les sociétés et les artistes les vivent.
Outre l'aspect socio-religieux, le danseur fait entrer le masque sculpté dans une composition tridimensionnelle : une sculpture composée de sa personne en mouvement, de son costume et de son masque, bouge et tourne autour de nous.

Masque africain / Masques africains

Les différents thèmes abordés sur les pages de www.masque-africain.net, utilisez le menu du haut à gauche pour consultez les photos.

Les Sénoufos ( ou Siéna, nom qui se donne et qui signifie ceux qui parlent le séné), sont une ethnie africaine, présente au Burkina Faso , au Mali ( au sud , principalement dans la région de Sikasso) et en Côte d'Ivoire (au nord , autour des villes de Boundiali et Korhogo), comptant environ 1,5 million de personnes, soit 9,7 % de la population du pays.
Les Sénoufos sont essentiellement des paysans qui cultivent le riz, le mil, le mais,l'igname, le manioc et le thé. Ils sont subdivisés en plusieurs sous groupes :
Les Niaraforos essentiellement dans le département de Ferkessédougou
Les Tchébaras dans le département de Korhogo
Les Tagbanas/Tagouanas à Katiola
Les sociétés initiatiques, dont le poro est la plus importante, jouent un rôle déterminant dans la vie des Sénoufo.
Les Miniankas sont considérés comme apparentés au peuple Sénoufo . Ils sont installés dans les cercles de Koutiala et de San .
Partis du delta interne du Niger - autour de la ville de Mopti (Mali) - à la recherche de bonnes terres, les Sénoufos arrivèrent au Ier millénaire dans la région où ils résident actuellement.
Korhogo, protégée des incursions guerrières par le Bandama Blanc devient la capitale et le siège de la plus importante chefferie sénoufo.
À la fin du siècle dernier quand le grand conquérant mandingue Samory menaçait le pays sénoufo, le chef de Korhogo déclara : « Nous ne sommes pas des guerriers, mais des cultivateurs ».


Bozo - bambara

Les peuples bamana et bozo vivent dans le centre du Mali et font partie d'une vaste aire culturelle appelée Mandé. Les groupes bamana installés le long du fleuve, entre Bamako et Djenné, vivent en symbiose avec les pêcheurs bozo et partagent avec eux la tradition théâtrale des Sogo "animaux". Les bozo sont des pêcheurs intallés le long des fleuves Niger et Sénégal, de Kayes jusquà Mopti. L'activité principale des Bozo est la pêche, mais ils pratiquent aussi un peu d'agriculture. Les Bamana les appellent Jutigi ce qui signigie "Maîtres de l'eau".
Les pêcheurs Bozo, nés des "premières jumelles" vouent un culte à Faro, le génie de l'eau. Il sacrifia le bélier mythique Saga, figure expiatoire qui favorise la pêche, en réparation des fautes de l'antique Mère-Terre qui troubla l'ordre cosmique en s'accouplant au serpent. Par cette immolation, Faro, maître du verbe, réorganisa l'univers sur le principe de la gémellité.

Les masques et marionnettes traditionnel bozo se caractérisent par leur diversité formelle et par leur richesse iconographique. Dans la mesure où les spectacles mettent en scène des petites marionnettes à gaine, articulées ou non, des marionnettes habitables de grande taille, des marionnettes castelets articulées et des masques, il serait plus juste de parler d'objets théatraux que de marionnettes.
Le répertoire des masques et des marionnettes est très large. Il comprend des animaux, des personnages et des esprits, aussi bien issus de mythes que des contes. Le théâtre de masques et de marionnettes dresse en outre un tableau complet de la vie quotidienne : tous les types sociaux y sont représentés et la vie villageoise y est toujours dépeinte avec humour.
L'art des masques et des marionnettes s'inscrit dans le contexte de grandes fêtes pluridisciplinaires mettant en scène musiques, chants, danses, acrobaties, mascarades et théâtre de marionnettes. Ces manifestations sont appelées Sogo bo, Do bo ou Céko, ou Nyènajè d'une façon plus générale.

La confrérie initiatique du N'tomo, présente au Mali dans la vallée du Niger (bien qu'elle n'existe pas partout), concerne les jeunes garçons non circoncis, et reste donc assez débonnaire (en guise d'épreuve, par exemple, il arrive que l'on demande aux enfants d'immoler un lézard!), mais elle prépare à d'autres rituels.
Les petites oreilles en forme de cavet, les yeux en forme de grains de café, la bouche dont la courbe, juste au-dessus du menton, se prolonge sur les arêtes des joues, sont des traits stylistiques de l'art des Bolons, communauté mandée vivant à la frontière du Mali et du Burkina Faso.
Le visage ovale qui se rétrécit considérablement au niveau de la bouche, la coiffure en forme de "peigne", le nez allongé et fin sont des marques caractéristiques du style des masques du Ntomo.

L'une des plus importantes sociétés d'initiation des Bamana est la société Chiwara, à laquelle hommes et femmes peuvent appartenir. Cette société commémore un être mythique, Chi Wara, né de l'union de la vieille mère terre, Mousso Koroni, et d'un serpent. Il est donc en partie homme, en partie antilope, et en partie fourmilier ; c'est lui qui apprit aux Bamana à cultiver le sol. Il fait des hommes d'habiles fermiers, et leur enseigne les relations fondamentales entre le soleil et la terre qui porte d'abondantes cultures.
Ces cimiers sont portés par des couples masculins et féminins lors de célébrations qui ont lieu dans les champs au début de la saison des cultures, lorsque les résidus et le chaume des moissons des années précédentes sont brûlés ; il arrive qu'en cette occasion, de petits animaux et même parfois des antilopes s'enfuient, pourchassés par les flammes.

Les Bamana, comme la plupart des Africains, honorent leurs ancêtres et se placent sous la protection bienveillante de leurs esprits. Leurs vies s'organisent autour de sociétés d'initiation qui leur enseignent tous les aspects de la vie bamana. Celles-ci comprennent les sociétés n'domo, komo, nyama, kono, chiwara et koré.
La société n'domo s'occupe de la circoncision et prépare les garçons à leur futur rôle d'adultes. Ils y apprennent les origines de l'humanité. Komo s'occupe de la loi et enseigne la cosmologie des Bamana. C'est la société des forgerons. Nyama agit contre la sorcellerie et les esprits malveillants. Kono enseigne la dualité de l'humanité en tant que corps et esprit. Chiwara célèbre l'être mythique qui enseigna l'agriculture aux Bamana. Koré fournit une instruction morale et enseigne l'importance de l'humanité dans l'ordre du monde. Son enseignement porte sur la mort et la résurrection de l'individu. Koré est divisé en huit niveaux distincts qui correspondent aux éléments célestes et terrestres.

Le hyène était l'animal gardien de la société Koré. Son masque était utilisé tant au cours des rites d'initiation que pour les festivités liées à l'agriculture pour favoriser la fécondité de la terre, et parfois, provoquer la pluie.
Parmis les masque du Koré, le lion, la hyène et le cheval sont les formes les plus courantes, chacun de ces animaux renvoyant à une étape de l'initiation et à des préceptes moraux.

Chez les Bambara, il existe six sociétés d'initiation d'une grande importance. Elles enseignent la compréhension de tout ce qui touche à la nature et à la destinée de l'être humain. La société Koré en est l'ultime, celle à laquelle on n'accède qu'au terme d'un long apprentissage qui a pour but de débarrasser l'individu de l'impureté Wanzo. Le Koré lui-même comprend huit classes d'initiés symboliquement liées à des catégories sociales ayant chacune son emblème. La seconde de ces classes est celle des Dyaraw. Les lions. Au cours des cérémonies, les danseurs miment les caractères d'animaux représentés et évoquent la progression de l'homme dans le savoir.

Le masque buffle n'est pas attaché chez les Bambara à une sociétés d'initiation. Il est néanmoins pour ce peuple d'agriculteurs porteur de sens. Ainsi la croissance des cornes des animaux (celles du buffle sont particulièrement grandes) est symbole de fécondité et de fertilité, comme également la croissance des plantes.
Chaque année a lieu dans la région de Bougouni avant la saison des pluies une grande fête "Sisson" qui réunit durant trois jours toute la population du village ; on consomme force bière de mil ou vin de palme. Le masque buffle ouvre les danses, suivi par d'autres masques animaux.

Comparé au masque du Komo couvert de poils, de crocs et de plumes, celui du Kono semble presque nu.
Les masques du Kono sont les plus grands, les plus stylisés et les plus dépouillés des masques horizontaux. Ils représentent tout à la fois un éléphant (sagesse, intelligence) et un oiseau (génie, ubiquité).

Les gracieuses sculptures en bois des bambara, figurant les nombreuses espèces d'antilopes de la savane africaine, fixées sur des calottes de vannerie, sont bien connues de tous les amateurs d'art africain et ont contribué à faire connaître la sculpture bambara auprès d'un large public.
L'antilope figure le soleil dont la chaleur est féconde. La croissance de ses cornes est semblable à celle des plantes au sein de la terre.

Travailler dans les champs ne suscite que rarement la création artistique, en tout cas chez les fermiers eux-mêmes. Pourtant, en Afrique, l'activité rurale, parfois ritualisée, engendre des oeuvres éxécutées par des sculpteurs qui demeurent également agriculteurs. Tels, dans une grande partie du Mali, notamment chez les Bamanas, les cimiers tyiwara qui ont pour rôle de glorifier le travail de la terre, de stimuler un labeur collectif. Lors de fêtes agraires gérées par des confréries, des porteurs arborent des coiffures en forme d'antilope stylisés représentant l'être légendaire qui leur aurait appris à cultiver. Ils dansent en imitant les pas de l'animal, avec des déplacements rapides sur les talons, sauts, gambades, arrêts brusques pour surveiller une menace possible. Le plus souvent, les cimiers sont sculptés par paires, l'un féminin, l'autre masculin, et ces ornements apparaissent au début de la saison des pluies pour accompagner les cultivateurs aux champs. Lors des récoltes, deux jeunes gens de l'association qui possède de tels cimiers exécutent, avec leurs atouts, des danses pour célébrer le meilleur cultivateur du village. Les masques tyiwara étaient répandus dans tout le Mali sous diverses formes. Ils sont désormais en déclin, en raison des différents facteurs. exode des jeunes, progression de l'islam, et surtout introduction de nouvelles méthodes d'agriculture.

L'art des Marka se rattache au groupe Bambara. Les masques de bois sont souvent recouverts de feuilles de laiton ciselées et martelées. Ces réalisations font irrésistiblement penser à Modigliani.

Les Dogons : les Dogons vivent dans les spectaculaires falaises de la faille de Bandiagara, à l'est du fleuve Niger, à environ 150 kilomètres de la ville commerçante de Djenné, dans l'est du Mali. Ils vivent dans 700 villages construits en briques de terre et en pierres cimentés par un mortier d'argile. Ces villages sont installés au-dessus et au pied de ces falaises, et sur les pentes des talus d'éboulis.
Les Dogons sont des cultivateurs qui font pousser le millet, le sorgho, le maïs et les oignons. La terre étant difficile à cultiver, ils durent aménager des petits champs rectangulaires bordés de pierres, fertilisés par le fumier des ânes et soigneusement arrosés et entretenus.
Les principaux chefs religieux dogon sont les Hogon, prêtres du culte lébé, consacré à l'agriculture. Une des plus importantes cérémonies du lébé est appelé bulu ; elle célèbre le renouveau et le retour de la vie, et a lieu au printemps. Les ancêtres sont honorés à travers le culte binu, et accordent tour à tour leur bienveillance à leurs descendants. C'est surtout lors de funérailles et pendant le culte binu que les masques qui ont rendu les Dogon célèbres sont utilisés.
Les dogons font partie des peuples d'Afrique les plus étudiés depuis 1940.

Les masques de chasseur. Ce sont généralement la géométrisation et la protubérance du front, du nez et de la bouche, qui frappent. Ce sont là, semble t'il, des éléments plastiques d'identification des masques chasseur chez les dogons.

Le masque kanaga dogon (awa danu pini) est l'un des masques le plus important comte tenu des nombreux symboles dont il est l'image. Plusieurs exemplaires de ce masque apparaissent lors des sorties de masques, qu'elles soient suscitées par une fête de levée de deuil ou, de nos jours, par des festivités à caractère purement ludique.
Ce masque est identifié par les non-initiés comme l'oiseau komolo tebu (une espèce d'outarde dont la couleur blanche du ventre et des ailes est celle de la hampe du masque). Il évoque, pour les détenteurs du savoir, le créateur montrant le ciel d'une main, la terre de l'autre.
Lors de la danse, les porteurs font basculer le sommet de l'effigie pour quelle frotte le sole, puis redressent brusquement le buste. Ces mouvements rotatifs sont censés figurer la giration de la matière à l'origine, quand le dieu a créé le monde en faisant graviter les quatre points cardinaux autrou d'un centre d'attraction : le visage du masque. La partie faciale a été taillée avec deux larges trous évidements pour les yeux, séparés dans le sens de la hauteur par une fine cloison nasale rectiligne.

La figure rectangulaire du masque lièvre est percée de deux yeux et surmontée de deux larges oreilles, dont la concavité est généralement tournée vers l'avant. D'après le mythe à Sanga, le chien d'un chasseur de la région de Yougo ayant vu un lièvre le poursuivit et le saisit. L'ayant attaché à une corde, il tailla un masque de bois à l'image de la bête qu'ensuite il tua et mangea. Une deuxième version dit qu'un chasseur ayant vu un lièvre fuit de buission en buisson, regarder en dressant les oreilles, repartir en les couchant sur le dos, tailla un masque à l'image de la bête et dansa en imitant sa mimique.

La yasigine "femme du sigi" ou "soeur des masques" est la seule femme à jouer un rôle actif dans les rites de l'awa et, de ce fait, elle occupe une position éminente dans la société. Elle prend part aux beuveries du sigi, approche les hommes masqués lors des cérémonies funebres et peut se mêler à certaines danses.
Son rôle consite principalement à désalterer les danseurs masqués au repos et à préparer l'huile de sésame qu'on ajoute à la bière de mil en certaines occasions. D'une manière générale, elle est la servante des hommes de l'awa.

Les masques singes présentent de grandes différences morphologiques qui s'expliquent sans doute par des origines géographique diverses ou par une époque de réalisation différente. Ces masques témoignes de l'évolution dans le temps d'un même thème iconographique et de la capacité d'invention des sculpteurs dogon.

Le masque sirige "long, haut", ou awa danu "masque de bois haut", est comparé communément à une "maison à étage", c'est à dire une maison pourvue d'un étage, à façade compartimentée, telle que seuls peuvent en posséder certains chefs ou hommes opulents. Son origine serait relativement récente.
Taillé dans un seul tronc d'arbre, ce masque est surmonté par une planche dont la longueur peut dépasser 5 mètres, planche composée d'éléments pleins alternant avec des éléments à clairevoie, ces derniers peints en noir alors que les premiers sont ornés d'un décor géométrique rouge et blanc. La planche ainsi décorée représenterait un sintandu, esprit de forme humaine dont on dit qu'il est dressé comme un poteau et couvert de dessins aux lignes brisées.

Les Dogon sculptaient souvent des personnages représentés debout les bras levés. Ils avaient peut-être emprunté cette attitude aux précédents occupants du spéctaculaire escarpement de Bandiagara, un peuple généralement nommé Tellem. Les personnages aux bras levés symbolisaient toujours une supplique à Amma pour qu'il accorde la pluie indispensable à toute vie, et qu'il s'agissait également d'un geste de contrition après que la violation d'une loi rituelle ait causé la sécheresse.

Le porteur du masque antilope tient un bâton avec lequel il fait semblant de creuser le sol pour y semer des graines. Il est craint des enfants, qui pourtant le provoquent. Cachés derrière des murs entourant la place de danse, ils chantent.
Mythe : dans un village de la région de Yougo, une antilope tua à coups de cornes plusieurs moutons et chèvres qui paissaient. Les hommes dirent alors "Pour capturer cette antilope, creusons un trou profond et mettons dedans un bouc : comme est est heureuse quand elle peut donner des coups de cornes, elle descendra dans le trou et voudra tuer le bouc, alors nous la prendrons et nous l'égorgerons". Le trou creusé, l'animal arriva. Comme il approchait, une femme répétait aux hommes : "il est dangereux d'être rencontré par le walu". Le trou n'étant pas assez profond, l'animal sortit de son trou sans faire mal au bouc. Mais l'un des hommes tira sur le walu et le blessa : rendu furieux, l'annimal chargea l'homme et l'éventra. Tandis qu'on l'emportait, d'autres chausseurs tuèrent cette antilope. Plus tard, le nani (répondant) du mort étant tombé malade, il fallut tailler un masque à l'effigie de l'animal pour conjurer son nyama.

Les masques au Bénin : Guèlèdè est une société secrète principalement originaire des régions de Kétou et de Savè. Le masque Guèlèdè est un masque sacré, sculpté dans le bois et porté, une seule fois, par un initié. Les hommes qui portent ces masques sont vêtus de riches vêtements féminins, portent des grelots aux pieds et tiennent deux queues de cheval.
Les Guèlèdè sortent afin de mettre de l'ordre dans la société : si la pluie ne tombe pas, par exemple, ou en cas de maladie. Le sens de la danse est donné par le chant et le masque est réalisé une fois le chant composé. Ce sont des sculpteurs spécialisés qui travaillent le bois.
Chez les Yoruba, les masques Gelede sont bâtis sur un même principe : un visage (du type masque-heaume) et une scène qui se développe sur le haut du masque.
Ceux-ci sont utilisés dans le cadre de mascarades dédiées aux femmes dans leur dimension maternelle.
En fait, il semble que pour les Yoruba du Nigeria, le pouvoir des femmes apparaisse comme ambivalent : certaines pourraient être des sorcières !
L'ASE, qui est l'énergie vitale contenue en chaque être, pourrait devenir exceptionnelle chez certaines femmes et serait capable de menacer l'harmonie sociale. Seul le pouvoir collectif des ancêtres serait à même de maîtriser celles que les Yoruba appellent «nos mères».
Les mascarades Gelede ont donc pour but de restaurer cette harmonie sociale en «amadouant» la partie féminine de la société.
Elles sont précédées de grandes cérémonies de nuit, les Efe, au cours desquelles la parole est libre et qui sont, de nos jours, des fêtes où se jouent comédies et satires.

La culture des FON est marquée par celle des EWE à l'Ouest et des YORUBA à l'Est. Le culte Vodun est largement pratiqué par les FON. Ce terme désigne les génies intermédiaires entre les humains et la divinité suprême. D'origine Yoruba, le mot Vodun signigie "dieu". Les adeptes d'un Vodun suivent une longue initiation au terme de laquelle ils entrent dans une nouvelle vie où ils font corps avec lui. Le culte, dans lequel la danse tient une grande place, est destiné à amener l'adepte à un état de transe et d'identification au Vodun par un ensemble de rites de possession. Ce culte exporté avec le servage vers le Brésil et les Caraïbes, subit quelques modifications et prend le nom de Condomble.
Les confréries Gélédé sont actives dans l'ex-Dahomey, les masques polychromes paraissent toutefois d'une facture plus rustique qu'au Nigéria. Ils sont, comme chez leurs coreligionnaires de l'Est, aveugles et portés horizontalement sur la tête. La vitalité extraordinaire des masques Yoruba et leur dynamisme culturel ont permis la transplantation et la survivance de croyances africaines dans le nouveau-monde : les descendants de ces masques se retrouvent au Brésil et à Cuba. La langue liturgique Yoruba a également partiellement survécu.
L'origine du masque Guélédé remonterait à la fin du XVIIIe siècle et proviendrait de l'aire de l'ancien royaume de Ketu. La société Gélédé rend hommage aux pouvoirs spirituels des femmes âgées, designées affectueusement comme "AWON IYA WA" (nos mères). Ces pouvoirs sont utilisés au bénéfice de la société, mais lorsque ces femmes manifestent leur dimension négative, elles sont appelées "AJA" (sorcière). Les masques utilisés font référence à une grande variété de caractères et d'activités féminins et masculins. Ils apparaissent habituellement par paires. Les costumes sont chatoyants. Ces pratiques reflètent la croyance selon laquelle la prospérité d'une communauté est liée à sa fertilité. Les acteurs Gélédé sortent et dansent, leurs masques fixés sur le sommet de la tête. Ces manifestations ont lieu à l'occasion de la mort d'un membre de leur secte ou pour une fête rituelle annuelle.
Chez les Yoruba, l'appartenance à un culte est une affaire d'hérédité paternelle. Une personne ne peut adopter qu'un seul Orisha. Un adorateur Gélédé ne peut pas, par exemple, consulter le devin IFA.
Parmi les innombrables masques de la société Gélédé célébrant la place de la femme-mère dans l'univers Yoruba, certains peuvent faire allusion à son rôle de sorcière nocturne. C'est le cas des masques qui comportent deux oiseaux, symboles de cette activité nocturne. Une série de scarifications sur les sculptures Yoruba rattachent les personnes figurées à leur ethnie. La plus courante, représentée par trois traits verticaux s'appelle Kpélé. Toutes évoquent le coup de patte de leur animal totémique, la panthère.

Masques casques Mendé-Vaï

Les masques-heaumes de la société Sandé font partie d'une des très rares traditions africaines de masques réservés exclusivement aux femmes. Ils représentent l'esprit du démon Bundu, gardien tutélaire du Sandé et sont utilisés dans une cérémonie qui marque la fin de la période de réclusion et de l'initiation des jeunes femmes. La sculpture dun masque représente un idéal féminin. Les bourrelets de graisse figurant au cou de certains masques appartiennent aux canons de beauté de la femme mûre et sont signes de santé, de prospérité et de sagesse. Ces masques sont surmontés de somptueuses coiffures qui comportent souvent la figuration stylisée d'un sexe féminin. Afin d'éviter tout contact avec l'esprit du Bundu qu'elle personnifie, la prêtresse recouvre méticuleusement toute partie apparente de son corps.
Le Sandé suggère que les femmes Mendé peuvent acquérir une connaissance égale à celle des hommes.

Au nord du pays kurumba, les masques cimier de l'antilope hippotrague, appelée Adoné, soigneusement peints de riches motifs, au long cou majestueux, interviennent surtout lors des cérémonies de levée de deuil des chefs de terre. L'âme errante du défunt est captée par le masque qui en constitue le siège et l'autel. Cette antilope est l'animal totémique de la plupart des clans Kurumba. Les sculpteurs et les porteurs de ce masque se recrutent essentiellement au sein de ces clans. Ce privilège renforce le pouvoir religieux des clans détenteurs de masques qui sont considérés comme les descendants directs des ancêtres fondateurs de la société kurumba.

Ces masques cimiers s'appelle Adoné, l'antilope femme du héros civilisateur Yirigué, principale divinité des Kurumba, ancienne population aujourd'hui acculturée aux Mossi. Des objets de ce type étaient utilisés lors de danses funéraires, regroupant plusieurs porteurs de masque, ou pour des cérémonies propitatoires agricoles.

Dan

Comme d'autres peuples de l'Ouest africain, les Dan croient leur monde séparé en deux entités bien distinctes : d'une part le village avec ses habitants, hommes et femmes, les animaux domestiques et tout ce qui est fait de main d'homme. En face, la forêt, ses animaux sauvages, ces matériaux bruts et surtout ses esprits. Le franchissement de la frontière qui sépare ces deux mondes est dangereux. Afin de préserver une résidence à ces esprits parfois redoutables, une portion de forêt vierge sera toujours conservée à proximité de tout village Dan. Les esprits sont les vrais propriétaires de la terre et les descendants des fondateurs de villages ne reçoivent leur pouvoir que d'eux. Tous les esprits attendent des sacrifices à intervalles réguliers. Pour les Dan, le masque ne représente pas l'Esprit, il est l'Esprit.

Lexique

Abstrait : l'art abstrait renvoie à des oeuvres qui ne représentent rien de reconnaissable, rien du monde sensible. Ce courant artistique propre au XXe siècle en Europe, qui utilise la matière, la couleur, la ligne pour elle-même ou renvoie dans son décryptage à des thèmes métaphysiques, se retrouve à part entière dans l'art contemporain africain comme en témoignent de nombreuses oeuvres.

Akua ba : nom donné par les Ashantis du Ghana à une poupée de bois à tête plate symbolisant la fécondité.

Ancestralité : croyance qui donne aux ancêtres décédés une place privilégiée dans l'autre monde, où leur capacité d'intervention sur le monde vivants peut être sollicitée par leurs descendants.

Ancêtres : personne à l'origine d'une famille dont on descend. Le fondateur mythique de la tribu est censé être en même temps "premier homme" et héros civilisateur. La tribu est son oeuvre puisqu'elle descend de lui et a été civilisée par lui. Parfois, cette figure d'ancêtre se confond avec la divinité surpême. Dans la pratique rituelle, c'est pour les problèmes quotidiens qu'on s'adresse aux ancêtres. Ils sont considérés comme bons parce qu'ils protègent leurs descendants, et mauvais, parce qu'ils procurent des malheurs aux vivants, afin qu'ils se souviennent d'eux.

Animisme : croyance très ancienne et largement répandue en Afrique selon laquelle toute chose, vivante ou inerte, possède une âme.

Art d'aéroport : cette appelation qualifie l'art destiné aux touristes. Il relève de la contrefaçon avec copie, répétition et stéréotypes exploités. Son aspect répétitif montre que des artistes ont compris que la logique marchande est au coeur de la création plastique. Ces productions décoratives sont adaptées aux demandes et au goût des Européens, elles reflètent le souvenir, la caricature d'une Afrique rêvée, exotique. C'est finalement l'acheteur qui en définit les codes de représentation.

Art nègre : à l'origine, nègre vient du latin "niger" qui signifie noir. L'appellation "art nègre" est apparue lors de la colonisation pour qualifier l'art traditionnel. Il fut conservé par les artistes occidentaux qui découvrirent l'art africain. Aujourd'hui, cette notion est péjorative comme celle d'art primitif, avec l'idée que le primitivisme est opposé au monde occidental, sous-entendu au monde civilisé. Donc pour la qualifier, on préfère aujourd'hui l'appelation d'art premier ou traditionnel.

Artisanat : une distinction a été faite en Occident entre l'art, qui produit une oeuvre non destinée au marché et l'artisanat qui produit des marchandises artistiques. Avec le développement du marché de l'art et son emprise sur la création contemporaine, cette distinction mérite réflexion. Néanmoins, l'artisanat désigne les créations issues de coopératives de tisserands, de teinturiers, de fabricants de calebasses et de vannerie, de groupements de sculpteurs et de peintres reproduisant des oeuvres traditionnelles, le tout destiné à la vente.

Art populaire : il est opposé à l'art dit savant et académique. C'est la catégorie la plus répandue en Afrique. On y regroupe toutes les formes d'expression ayant remplacé, complété ou développé l'art populaire traditionnel. Les enseignes peintes, les sowers, la peinture naïve, les fresques murales, l'art funéraire.

Autel : support fixe ou amovible, en terre séchée, en pierre, en bois ou en métal sur lequel on a versé, dans un but propitiatoire, à tel dieu ou à tel esprit, des libations de lait, de bouillie ou d'alcool, ou encore sacrifié des victimes amimales, poulet, chien ou mouton.

Authenticité : idée apparue avec le développement expansif du marché de l'art africain. Toute oeuvre d'art acquiert le statut de marchandise dès qu'elle entre dans un système d'échange. Les institutions de l'art doivent alors donner des critères d'évaluation de l'oeuvre pour en déterminer la valeur. Ainsi, l'authenticité sera définine par la date de la création, l'histoire de l'objet, et sa rareté sur le marché.

Awa : association masculine qui détient les masques chez les Dogon du Mali.

Banco : technique de contruction commune à toute l'Afrique de l'ouest, consistant à empiler des briques de terre crue, séchées au soleil, et à les recouvrir d'un crépi mêlé de terre, de paille et d'huile de karité assurant leur étanchéité.

Bia : siège sacré, réceptacle de l'âme de son propriétaire décédé, objet de culte des ancêtres chez les Akan du Ghana ou de la Côte d'Ivoire.

Bleu lessive : petit pain de pigments chimiques d'un bleu intense, enveloppé traditionnellement dans de la tartalane, dont se servaient autrefois les lavandières en Europe pour blanchir le linge. Avec le tissu rouge, les miroirs ou les clous de tapissier en laiton, ces petits pains de bleu utilisés dans la traite étaient particulièrement appréciés des Africains et souvent utilisés pour peindre masques et statuettes.

Blolo bla, blolo bian : statuettes représentant, dans les croyances des Baoulé de Côte d'Ivoire, les "époux de l'au-delà", de blolo (au-delà) et bla (épouse), ou bian (époux).

Bois : matériau privilégié des sculpteurs africains : il peut s'agir d'un bois très tendre (fromager pour les masques planches du Burkina et tout les grands masques destinés à être portés), d'un bois dur (bombax, ricinodendron) ou plus rarement d'un bois de fer (ébénacées). Le bois blanc, jaune ou rouge, travaillé sec, est rarement laissé naturel : on apprécie une belle patine sombre obtenue à partir de pigments et de sucs végétaux.

Bronze : alliage de cuivre et d'étain.

Calebasse : fruit de la famille des cucurbitacées cultivé en Afrique depuis l'époque néolithique, pour servir de récipient (bol, cuvette, bouteille ou cuillère), qui reçoit souvent une fine décoration gravée ou pyrogravée.

Caste : catégorie socio-professionnelle d'Afrique de l'ouest à laquelle appartiennent griots, chasseurs ou forgerons, plus ou moins déconsidérée et subissant certains interdits.

Cauris : coquillages provenant de la côte de l'océan Indien, répandus très tôt sous forme de monnaies dans toute l'Afrique de l'ouest.

Céramique : art qui concerne les terres cuites. La pratique de la céramique est souvent associée au passé car c'est l'art des civilisations éteintes. Aussi, ces objets et ces sculptures réapparaissent lors de fouilles archéologiques. Pourtant, ce type de statuaire demeure encore liée à des rituels aujourd'hui. Les pièces les plus anciennes proviennent de sites néolithiques au Mali et au Niger et datent des IIIe et IIe millénaires avant notre ère.

Chefferie : structure politique regroupant sur un territoire défini un ensemble de gens d'origines et de langues diverses, comme les chefferies du Grassland camerounais, dirigées par une fon ou mfo dont l'autorité est contrebalancée par celle d'un conseil de notables.

Cimier : sculpture prolongeant un masque ou planche fixée sur une calotte, jouant le même rôle qu'un masque.

Classe d'âge : ensemble des jeunes d'une même génération progressant graduellement dans la société et dont le prestige s'accroît avec l'âge.

Collection : les objets africains, beaucoup plus rares que les objets d'Amérique latine dans les collections anciennes de curiosité, commencent à être connus en Europe autour de 1900 grâce aux conquêtes coloniales, aux expositions universelles et à des publications périodiques.

Copie : la copie fait partie de l'enseignement initiatique du forgeron ou sculpteur traditionnel. Dans l'idée de copie, il y a celle de la perpétuation d'un modèle. Ce n'est pas une copie à l'identique. Par contre, la copie d'une oeuvre destinée à la vente est là pour répondre au désir de l'acheteur, généralement un occidental.

Deble : nom principalement donné aux grandes statues surmontant un pilon qui interviennent dans l'enclos sacré du Poro des Sénoufo de Côte d'Ivoire.

Divination : opération par laquelle, à partir d'un matériel varié, un devin spécialisé cherche à obtenir des signes et les interprète. L'intervention d'un animal est parfois sollicitée, comme celle du chacal chez les Dogon ou la souris chez les Baoulé, dont les traces bouleversant un ordre préétabli seront décryptées pour connaître l'avenir.

Dot : compensation matrimoniale donnée à la famille donneuse d'épouse.

Dya : ensemble de poids à peser l'or en laiton fondu à cire perdue, autrefois conservé comme un trésor par les familles Akan de Côte d'Ivoire et du Ghana.

Ethnie : groupement humain caractérisé par des traits culturels communs. Mot préféré à "tribu".

Fauteur de troubles : personnage mythologique qui incarne l'individualité et le libre arbitre en dérangeant l'ordre établi : le chacal des dogon, Legba au Bénin, Eshu au Nigéria appartiennent à cette catégorie.

Fétiche : Mot d'origine portugaise "feitiçao", qui signifie "charme de magie". On l'a utilisé pour décrire les objets de provenance africaine auxquels on attribuait une dimension religieuse non chrétienne.

Forgeron : maître du feu, sachant forger le fer ou fondre l'or ou les alliages cuivreux. Appartenant à une caste déconsidérée dans toute l'Afrique de l'ouest, il est, pour les mêmes raisons magico-religieuses, situé au faîte de la hiérarchie sociale dans les civilisations congolaises qui ont connu le règne des "rois-forgerons".

Funéraire : la sculpture populaire est souvent liée au culte funéraire. Elle permet de fixer les esprits errants. Dans l'ancien royaume du Congo, déjà christianisé par les portugais, on trouve dans les cimetières des figures agenouillées ou assises, rappelant le défunt.

Galerie d'art : les galeries privées consacrées à l'art contemporain sont très peu nombreuses et on les trouve plutôt en Afrique de L'Est. Le Nigéria, avec l'Afrique du Sud et la Côte d'Ivoire, font exception car ils ont su créer un marché local. Les lieux d'exposition et de promotion sont donc des galeries nationales, des espaces dans les musées et dans les centres culturels étrangers.

Gelede : culte masqué diurne et nocturne destiné à apaiser les "mères" dont on redoute les pouvoirs de sorcellerie chez les Yorubas du Nigéria et du Bénin.

Griot : chanteur ou instrumentiste casté en Afrique de l'ouest, censé dans la culture malinké déténir les généalogies et les hauts faits des grandes familles qui ont fait l'histoire de l'ancien empire du Mandingue.

Hernie ombilicale : l'ombilic saillant souvent représenté dans le statuaire africain est considéré comme un signe de beauté, au même titre que le cou annelé.

Ifa : dieu de la divination chez les Yorubas du Nigéria et les Fon du Bénin. La divination se pratique avec seize noix de palmes, un plateau circulaire ou quadrangulaire, et une sorte de cloche destinée à frapper le rebord du plateau pour attirer l'attention du dieu.

Indigo : couleur bleue tinctoriale issue des feuilles d'une plante, l'indigofera, obtenue par l'action oxydante de l'air. Elle est utilisée couramment en Afrique pour teindre les tissus.

Initiation : étape de la vie humaine marquée par des épreuves et un enseignement qui peut se poursuivre tout au long de l'existence selon un cycle préétabli. Le passage de l'enfance à l'état adulte est marqué par la circoncision pour les garçons, et dans certaines régions, par l'excision pour les filles.

Kanaga : masque dogon bidimensionnel en bois polychrome surmonté d'un cimier en forme de croix de Lorraine symbolisant "l'esprit de l'Homme".

Kente : pagne traditionnel de coton ou de soie composé de bandes verticales cousues ensemble, dont les motifs géométriques renvoient aux blasons des grandes familles Akan.

Kola : fruit du kolatier au goût amer et tonique, très apprécié des Africains. Les noix de kola sont aussi utilisées comme offrandes de bienvenue ou de sacrifice. Machées et recrachées, elles servent également pour la patine de sculpture en bois.

Kora : cordophone ou luth africaine au son cristallin propore à la culture malinké (Sénégal, Mali, Sierra Leonne), fait d'une calebasse hémisphérique tendue d'une peau et d'un long manche auquel sont fixées 21 cordes.

Labret : ornement féminin constitué d'une pièce cylindrique ou discoïde en pierre ou en ivoire, insérée dans la lèvre infèrieure ou supérieure préalablement percée, produisant une déformation considérée comme un embellissement du corps.

Laiton : connu sous le nom de bronze, il a été utilisé entre autres dans les cultures Nok et Ifé du Bénin. Il est travaillé suivant la technique de la fonte à cire perdue. L'artiste modèle l'oeuvre en cire, la recouvre d'argile refractaire à la chaleur puis la cire fond et l'argile se durcit lors de la cuisson. Le métal coulé dans l'espace laissé par la cire et lorsque le métal est refroidi, le moule est cassé. Cette technique utilisée pour la création de bijoux, des cloches de dignitaires, des plaques décoratives ornant les habitations et représentant rois, chefs, notables, musiciens, serviteurs de la cour. Ce métal, ressenti comme chargé d'une force bienfaisante, capable d'éloigner le mal, est utilisé pour la fabrication de gris-gris, amulettes, bijoux, pendentifs ou figures à valeur de talisman, destinées à susciter la bienveillance des esprits de la nature ou des ancêtres.

Lignage : famille dont les membres se reconnaissent un ancêtre fondateur commun. Il est deux types de lignages, selon que la lignée se définit par les hommes ou par les femmes. Patrilénéaire ou matrilénéaire. Dans ce dernier cas, largement répandu en Afrique noire, richesse et pouvoir se transmettent par les femmes, et l'oncle maternel peut avoir plus d'importance que le père.

Magie : pour les africains, elle a trois fonctions : divination, protection et thérapie. Le bois, la terre, la résine ou le verre sont les constituants des statuettes, des reliquaires et des fétiches qui évoquent cette magie. On distingue trois types de magie. Par anticipation (on cherche à prevenir ou à éviter), par l'utilisation de potions et autres remèdes pour favoriser le destin ou les sentiments, contamination ou avec des substances d'une personne on appelle les mauvais esprits. La magie s'exerce souvent par le truchement d'objets "fétiches", réservoirs de forces défensives ou agressives.

Masque : ensemble complexe qui comprend à la fois le visage, cimier ou heaume de bois, le costume du personnage, les accessoires tenus en main, les parures, la danse dont les pas accompagnent la musique, et l'esprit que le tout est censé incarner. Ils masquent au propre et au figuré celui qui les porte afin de l'aider à personnifier une force, un esprit ou un dieu. Ils sont associés au savoir et au pouvoir et sont entourés du mystère qui touche au sacré. Taillés en secret, ils ont un pouvoir magique et peuvent décider de la guerre et de la paix, de la vie ou de la mort des hommes. Plus un masque remplit sa fonction, plus il est vénéré. A part le masque autels qui ne sont pas portés, le masque est toujours associé à un costume, une musique, une danse.

Médecine : souvent liée à la divination, elle utilise à la fois la pharmacopée et des pratiques de magie blanche visant à conjurer, par des imprécations ou des sacrifices, les maux dont souffre un patient que l'on croit victime d'un sorcier vivant ou d'un esprit malfaisant de l'au-delà. Dans les régions congolaises, il ne faut pas confondre nganga, devin-guérisseur ayant pignon sur rue, avec le ndoki ou sorcier, qui agit toujours clandestinement et négativement.

Métal : deux personnes s'occupent des métaux dans la réalisation artistique. Le fondeur, spécialiste des métaux cuivreux, et le forgeron qui travaille plutôt le fer. Il y a un art métallique spécifique des armes utilisant le fer, car il est plus malléable et résistant. Du cuivre naissent les objets qu'on utilise dans les cérémonies religieuses. Cloche, récipient, hache.

Mythe : parole poétique et fondatrice, référence précieuse d'une culture, d'une croyance ou d'une religion. Les mythes sont souvent rapportés, en Afrique de l'ouest, par les griots, à la fois archivistes, musiciens et poètes.

Nok : culture récemment découverte au Nigéria par l'archéologie, considérée comme une des plus anciennes d'Afrique de l'ouest. Elle associe de très beaux fragments de statues en terre cuite, des perles de quartz, et des preuves de la maîtrise de la sidérurgie.

Nommo : génie hermaphrodite de la mythologie Dogon à l'origine de l'humanité.

Oba : titre du souverain du royaume de Bénin (Nigéria). En Yoruba, il s'agit du mot générique signifiant "roi".

Objet : la plupart des objets utilitaires ont un élément décoratif destiné à les enjoliver, mais aussi à donner une signification, à marquer l'appartenance, leur fonction et leur importance. Les instruments de musique, bâton de dignitaire, proue de pirogue, mobilier, cuillère, porteuse de cruche, appui-tête, poulies de métiers à tisser, loqueteau, chasse-mouche, peigne...

Oni : titre du souverain de la ville d'Ifé (Nigéria), descendant du premier roi mythique Oduduwa à l'origine des hommes.

Orisha : nom générique des divinités Yoruba dont le culte s'est transmis aux Antilles et au Brésil (vaudou et kondomble).

Outils : pour le sculpteur, les outils traditionnels sont principalement la hache, le couteau et l'herminette ; pour le forgeron, les pinces, la masse, l'enclume et le soufflet de forge.

Patine : sorte de poli que le temps, l'usage et la dévotion donnent aux surfaces lisses : cette patine peut être lisse et brillante, grasse et huileuse, ou encore croûteuse, recouverte de résidus sacrificiels.

Perles : perles en terres, en bois, en ivoire, en verre coloré. Perles d'aigris, dont les plus anciennes viennent d'Orient ou d'Egypte, et dont la majeure partie, de fabrication vénitienne, a été abondamment introduite dans toute l'Afrique par les Européens des la fin du XVe siècle.

Picasso : Pablo Picasso s'est beaucoup intéressé à l'art africain. Ce dernier l'a aidé, entre autre, à résoudre le problème de l'intégration de l'objet dans l'espace de la toile et de la représentation de la figure humaine. Il poursuivra avec d'autres artistes une nouvelle voie où figuration et abstraction se mêlent.

Pigments : pigments d'origine végétale (charbon de bois) et minérale (kaolin, ocre rouge, ocre jaune) utilisés traditionnellement pour peindre les objets. Plus tard, introduction par les Européens de couleurs industrielles, comme le bleu lessive ou les peintures à l'huile.

Poro : société d'initiation répandue dans toute l'Afrique de l'ouest, mais particulièrement bien étudié chez les Sénoufo du nord de la Côte d'Ivoire.

Poulie de métier à tisser : bobine avec son support en forme d'étrier en bois sculpté utilisée par le tisserand pour retenir les lisses de son métier.

Raphia : genre de palmier dont les fibres sont employées comme liens pour faire des objets relevant du tissage ou de la vannerie. Les plus beaux tissus de raphia sont ceux des Kuba du Zaïre qui ont développé une technique particulière de broderie du fil de raphia coupé ras qui produit un effet semblable à celui du velours.

Sandé : société intitiatique féminine des Mendé de Sierra Leone dont les masques-cloches en bois sculpté sont portés exclusivement par les femmes.

Scarification : tatouages en creux ou en relief pratiqués sur la peau.

Sculpteur : à moins que ce soit l'affaire de vocation comme chez les Baoulé de Côte d'Ivoire ou les populations d'Afrique centrale, il est le plus souvent casté dans les savanes soudanaises, craint, voire déconsidéré comme son collègue forgeron, qui fabrique les outils de fer, pratique aussi volontiers la sculpture sur bois. Leurs épouses respectives sont souvent potières.

Sculpture : c'est la forme la plus accessible de l'art africain, et les expressions esthétiques les plus connues en sont les objets sculptés, les masques et les statues. La sculpture sur bois domine ; les essences choisies sont souvent pour les masques des bois tendres et légers faciles à travailler et à porter. Par contre, pour le statuaire, on préfère des bois denses à grain fin. La terre cuite, la pierre correspondent à des périodes particulières comme dans les cultures Nok ou Ifé. Les métaux sont très souvent utilisés dans les chefferies et les royaumes.

Shango : divinité majeure du panthéon yoruba qui maîtrise la foudre et le tonnere. Son symbole est une double hache.

Silure : poisson-chat d'eau douce symbolisant la fécondité, récurrent sur les portes de cases des baoulé, les poids à peser l'or Akan...

Sirige : chez les dogon du Mali, masque surmonté d'une très haute lame de bois ajourée qui figure l'empilement des mondes et le serpent, premier ancêtre à mourir.

Symbolique : la symbolique est très forte dans l'art africain, elle est liée au culte, au rite et à la magie ; la vie de l'homme africain est liée à la spiritualité et à l'idée que toute chose peut être "habitée". Ainsi pour contrer le mal et provoquer le bien, toute une symbolique est mise en place dans laquelle on trouve les démons, les objets magiques, les figurines et les amulettes.

Tellem : Nom donné au peuple qui, avant le XVe siècle, a précédé les Dogon dans les falaises de Bandiagara du Mali.

Termite : insecte (isoptéra) prédateur du bois qui vit en colonie dans la termitière sous l'autorité d'une reine et d'un roi.

Tisserand : artisan casté en Afrique de l'ouest réalisant à l'aide d'un métier vertical ou horizontal des tissus de raphia ou de coton.

Traite : trafic des métaux précieux, de l'ivoire, des épices, mais aussi du "bois d'ébène (esclaves).

Tribu : groupement d'un nombre plus ou moins important de familles appartenant à la même peuplade.

tyi Wara : nom voulant dire "champion des cultures" donné à une société initiatique des Bambara (ou Bamana) du Mali, liée aux techniques agricoles et à la fertilité de la terre. Masque composé d'un cimier en vannerie surmonté d'une figure en bois représentant une antilope stylisée.

Yoruba : malgrès la diversité de leurs activités et de leurs modes de vie, les royaumes Yoruba sont unifiés par une langue, une culture et une origine communes. Oduduwa, leur ancêtre, fils du dieu suprême, a conquis le territoire au XIe siècle et l'a organisé en plusieurs cités : Ifé, ville sacrée considérée par les Yoruba comme le berceau de leur civilisation, et siège de l'oni, chef religieux.

Zoomorphe : qui figure un animal. Les animaux sont souvent liés à des récits mytiques dans lesquels ils jouent un rôle symbolique précis. Les masques zoomorphes sont généralement totémiques ; ils représentent l'animal qui, selon le mythe, a dans les temps lointains, apporté une aide providentielle à l'ancêtre fondateur du clan. Le cauri est symbole de prospérité et de fécondité pour sa ressemblance avec le sexe féminin. Le serpent évoque le sexe de l'homme et l'eau à cause de l'immortalité et de la longévité. Le caméléon est le symbole de la sagesse car il sait s'adapter aux circonstances. Le crocodile symbolise la force et la puissance chez les Akan. L'antilope est liée à cause de ses cornes à la fécondité chez les Bamana. La panthère se retrouve dans les emblèmes de chefferies (Baoulé, Bamoun, Bamiléké). L'oiseau et surtout le calao est associé au sexe de l'homme et est très présent dans les rites liés à la circonsision.

Peaux de chèvres pour djembés
Peau de chevre rasée pour djembe

La marge rousse