Les yohouré, au centre de la Côte d'Ivoire, à l'est de la ville de bouaflé et à l'ouest du fleuve bandama, sont un peuple minuscule. A peine 16000 personnes. Mais l'hisoire de l'art ne nous montre-t'elle pas qu'un lieu exigu peut engendrer de grands créateurs.
Avec tous les risques que comporte cette situation précaire. Assimilés à leurs voisins, aux yeux des observateurs occidentaux souvent aveugles, les yohuré, sont fréquement considérés comme un "sous-groupe" des baoulé. Beaucoup de villageois, étaient horripilés par cette assimilation. Chez les yohouré, la combinaison d'une face et de motifs animaliers a pour but de traduire la double nature de la divinité, rattachée à la fois à l'humain et à la brousse, mais cet accord parfait révèle aussi un moment d'équilibre, une délicatesse associée à la vitalité de l'espace sauvage.
L'artiste yohuré ennoblit l'animal du même mouvement qui le conduit à idéaliser la figure humaine, et retient de son alliance obscure avec les bêtes qui l'environnent des éléments donnant à sa création une grande part de sa séduction. La brousse humanisée devient ainsi l'image d'une harmonie toujours à reconquérir, une sauvagerie domptée, une énergie à tel point assujettie qu'elle devient ornement.