Le komo, au Mali, est l'une des confrérires d'initiation les plus prestigieuses et redoutables, qui contraint les femmes à rester dissimulées toute une nuit à l'intérieur des maisons.
La tête hémisphérique est prolongée par une longue gueule, avec deux mâchoires qui figure clairement, pour les Bamanas, le crocodile (comme chez les Dogons, avec leurs masques kakada), mais les oreilles rattachent l'animal à l'espèce des antilopes.
Lorsque le KOMO parle par le truchement du masque Warakun, il reçoit la parole du ciel (KLE) qui contient toutes les paroles du destin des individus et les énonce en langue bambara. Il se trouve en quelque sorte en concurrence avec la langue de la révélation islamique. Sans passer par le coran, le KOMO entretient une sorte de relation privilégié avec la divinité. Des musulmans sont souvent initiés au komo, et sacrifient dans ses sanctuaires, sans toutefois consommer la chair du sacrifice. Le masque lui-même est sculpté dans le bois. Les racines d'un arbrisseau (grévia bicolor) sont à la base d'un crépi qui recouvre le masque et dans lequel seront incorporés des fragments de crânes et autres ingrédients. Sur cette base, le sang coagulé sacrificiel posera à son tour ses couches noires. Le Wara marche en parlant d'une voix déformée et opaque. Une grand initié, Yéléma, le guide, ponctue le discours et l'assiste dans un dialogue constant. Les piquants de porc-épic qui ornent le masque sont des attributs permettant de parler la "langue komo". Le masque a des propriétés surhumaines, symbolisées par le fauve (hyène ou lion) qui incarne la terre et le vautour pour le ciel. La tunique du Wara est recouverte d'un plumage de vautour. L'absorption de "medecines" aura au préalable mis en condition porteur de masque et conducteur. On assiste à une pratique chamanique. L'objet magique présenté à côté du Wara est lui-même une réduction de masque.
Le masque casque (ou heaume) est la plupart du temps posé en haut de la tête du danseur dont le visage est dissimulé par une parure de fibres végétales. La vision du danseur se fait par les orifices des yeux ou par la bouche.